Je crée des paysages abstraits sensibles qui demande une participation active du spectateur. Il doit mobiliser son imagination, ses émotions et sa sensibilité pour percevoir les évocations du paysage et donner un sens à ce qu’il voit.
Pour chaque peinture, je propose ensuite l’interprétation statistiquement la plus probable créée par une intelligence artificielle. Cette interprétation semble réelle, mais demeure étrangement vide : un lieu sans histoire, un horizon figé et une lumière sans chaleur. Tout paraît crédible, sans jamais avoir été véritablement vécu.
À travers ce dialogue entre peinture et image générée, j’explore la frontière entre réel et fiction numérique, et confronte le spectateur avec la singularité avérée ou supposée de son imaginaire.
En introduisant dans mes tableaux ce qui échappe à l’algorithme : la texture, l’intuition, l’accident et une présence humaine, je créé un espace où l’image peut retrouver une véritable matière poétique.
Une technique unique
Mes tableaux sont le résultat d’un processus d'auto construction visuelle, où, placé en position de retrait, je laisse les outils (grattoirs, couteaux) et le matériau (peinture à l’huile, acrylique et autres médiums) interagir de manière presque autonome.
L'incertitude, l'instabilité, l’aléatoire et l’incontrôlable deviennent des éléments essentiels de ma création artistique. Les teintes sont souvent juxtaposées dans un équilibre fragile : des couleurs chaudes côtoient des tons froids, des zones opaques rencontrent des zones presque translucides.
Les strates de peinture, les traces laissées par les outils et les couches de couleur se superposent et se combattent, créant une énergie qui semble en constante évolution. Chaque tableau est simultanément détruit et reconstruit au fur et à mesure du processus.